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L’équipe UX de VNEXT a assisté au forum de l’IoT organisé par l’ACSEL / L’Association de l’économie Numérique, première association transversale du numérique en France. Détail du programme et des intervenants iciCette deuxième partie est dédiée à la smart home et à l’industrialisation des objets connectés. (retrouvez la première partie ici)

Une massification des usages digitaux

Christian Bombrun, Vice Président Entertainment & Digital Services chez Orange, l’affirme: « on vit une massification des usages digitaux. »

On compte aujourd’hui 6 à 10 écrans dans chaque foyer, nous consommons de plus d’informations par jour. Les souhaits des consommateurs changent, en passant par une consommation plus écologique de la donnée. Christian Bombrun cite l’exemple de la nouvelle LiveBox (LiveBox 5), en matériaux 100% recyclés.

Le projet Djingo a été abordé: l’assistant virtuel et vocal d’Orange, en partenariat avec la Deutsch Telekom, est disponible pour les foyers français depuis octobre 2019.

Christian Bombrun a noté « nos clients demandent d’interagir avec Orange grâce à la voix ». Cependant, il reste sceptique par rapport au Voice Commerce : « Je crois à la complémentarité des services », Demain ne sera pas uniquement le voice commerce, mais l’intégralité des services qui fonctionneront en symbiose.

IoT : Un marché en plein essor

D’après l’étude de GfK sur la consommation de l’IoT de 2018, le marché des objets connectés est en plein essor. Les principaux domaines que touchent les objets connectés sont la santé, l’électroménager et la sécurité.

Dans le domaine de la santé, 1 personne sur 10 est équipée d’au moins un objet connecté, comme la smart watch ou le tracker d’activité. Ces utilisateurs recherchent principalement à rester en bonne santé et à prendre soin de leur silhouette.

Offrir un objet connecté est de plus en plus répandu dans les usages. Cependant, on note un fort taux d’abandon, jusqu’à 35%. Les utilisateurs ont des doutes sur la fiabilité des mesures, rencontrent des problèmes lors de l’utilisation de l’objet et ont la peur de l’exploitation de leurs données.

L’électroménager connecté est en très forte croissance, avec notamment une augmentation en 2018 de 51% du chiffre d’affaires pour les petits électroménagers connectés (exemple de machine à café)

Capture d'écran de la vidéo " Forum de l'IoT : à quoi va ressembler votre future maison connectée ?"

Dans le domaine de la sécurité et des équipements Smart Home, 1 personne sur 5 possède un équipement connecté. Dans le Top 5, on retrouve les stores/volets/portails, les caméras/alarmes, les détecteurs de fumée, le chauffage et l’éclairage connecté.

Avant et après l’achat de produits Smart Home, les consommateurs recherchent un accompagnement : un service après-vente et maintenance (56%), une aide à l’installation (51%), une aide à l’utilisation (47%) et des conseils (35%).

Une maison connectée agnostique

Il y a quelques années, chaque marque souhaitait concevoir son propre système d’objets connectés au sein de la maison et il ne fonctionnait pas avec ceux des autres marques. Aujourd’hui, les marques collaborent et conçoivent ensemble des systèmes et des produits ouverts et interopérables, c’est-à-dire qui ont la capacité à opérer ensemble.

L’objectif est clair : simplifier le quotidien de ses consommateurs et leur donner davantage de sérénité. Dans cette perspective, les axes de travail sont : créer des nouveaux objets connectés, rendre des objets existants connectables et intégrer la connectivité au sein de la conception même de la maison.

D’après Sylvaine Aublanc, Directrice Marketing Smartlife (objets et services connectés) chez Orange: « un système fermé ne marche plus. Un client se doit d’être libre et de ne pas rester enfermé dans une marque. » Par exemple, notre Alexa peut déjà fermer les volets Somfy et régler notre chauffage Sowee.

Publicité Sowee mettant en avant la compatibilité avec le service d'Amazon, Alexa

Le consommateur peut communiquer avec ces technologies de manière plus naturelle, depuis un terminal mobile ou par la voix.

Mais tout le monde ne veut pas ou ne peut pas s’offrir de nouveaux objets connectés. Il faut donc « laisser le choix au client à travers les produits qu’il pilote », comme le constate Pierre-Yves Hadengue. Les prix des capteurs baissent, ce qui permet aux consommateurs de rendre connecté des objets qui ne le sont pas normalement. Toutefois, le niveau de connaissance des consommateurs est disparate. Il faut donc les former et éduquer. Par exemple, Leroy Merlin a investi dans des tutoriels sur YouTube.

Et enfin, il faut faire correspondre la demande du consommateur pour un univers connecté avec les nouveaux logements. Par exemple, Eliot de Legrand lancé en 2015, a pour souhait de rendre les infrastructures connectées.

L’application dans le milieu industriel : Vers une anticipation des risques

L’interopérabilité dans le B2B et notamment dans l’agriculture, l’énergie, l’industrie et la logistique a été abordé.

Le monde agricole est très en avance sur les nouvelles technologies. On retiendra que 98% des agriculteurs sont connectés et qu’1 agriculteur sur 2 a un smartphone contenant une application mobile professionnelle (l’application météo étant considérée comme en étant une). Le marché est dynamique et l’agriculteur possède une forte maturité concernant les besoins connectés. Leur premier objet connecté date d’une dizaine d’année, il s’agit du tracteur autonome.

Ruches connectées

Il existe une multitude de solutions et l’objectif reste le même : il faut que l’agriculteur puisse interpréter les données récoltées.

On retrouve le souhait de réussir à faire passer un message clair et intelligible aux techniciens & agriculteurs, et pourquoi pas au consommateur final. Les données collectées peuvent en effet se transformer du B2B au B2C, en permettant aux consommateurs de savoir ce qui s’est passé pour leur viande, leurs légumes avant que ça atterrisse dans leurs assiettes.

Benoit Besson, Chef de projet Digital Open Lab & industrialisation de l’IoT chez SNCF Réseau, est formel « On ne veut pas du curatif, on veut de la prévision ». Par exemple, pour SNCF, on ne souhaite pas juste savoir quelle est la température des rails actuellement, on souhaite savoir s’il va falloir ralentir les trains le lendemain à cause de cette même température.

Vers une intelligence des objets de plus en plus locale

Xavier Perret, Directeur Azure chez Microsoft France, nous propose une définition de l’Intelligent Edge avec l’exemple d’une caméra de sécurité filmant un chantier. Cette caméra bien sûr observe, mais peut également déduire et anticiper. Elle sait qu’un des membres du chantier n’a pas son casque, qu’une source de chaleur est présente prêt d’une bonbonne de gaz. Elle peut ainsi alerter les personnes concernées sans avoir besoin de récupérer des données ailleurs.

L’Intelligent Edge permet donc d’améliorer l’IOT grâce à de l’IA, en temps réel. Aujourd’hui, on envoie encore des données dans le cloud (92% du cloud est centralisé). Mais la tendance est à la baisse, il faut donc de nouvelles innovations pour sortir du réseau afin que l’objet analyse en local.

Par exemple, le HoloLens 2 propose de l’aide à la formation et à la maintenance, par le bais de la Mixed Reality (VR + AR). Grâce au Device Edge, il cherchera ses données en local.

HoloLens 2 de Microsoft

« L’objet qui capte doit aussi avoir de l’intelligence » souligne Xavier Perret, « [mais] ce n’est pas l’objet qui compte, c’est-ce qu’on veut en faire ». 

Vers des offres de plus en plus sur mesure

La Parisienne, une entreprise d’assurance, souhaite introduire de l’IoT grâce à son partenaire Sigfox. Patrick Cason a repensé son business model, en souhaitant « indemniser automatiquement le client, pour ainsi retourner le modèle classique de l’assurance ».

Alors que les assurances sont massivement proposées en abonnement, La Parisienne souhaite faire payer ses clients au cas d’usage.

Une vidéo de démonstration nous est montrée. Une personne place un capteur dans sa voiture avant de commencer son trajet. Après 10 minutes de route, il s’arrête et sort de la voiture avec ce même capteur. Sur l’application, on peut voir que le débit a été effectué et l’assurance, payée.

L’objectif est ainsi d’éviter les démarches administratives qui peuvent être très chronophages. Avec le partenariat de Sigfox, ce capteur est fonctionnel dans toute l’Europe. Les intervenants l’affirment, le système est « très peu intrusif, et les données récoltées, primaires ».

L’adoption des objets connectés en augmentation, en parallèle avec la méfiance des usagers

Ludovic Francesconi, Président de la Commission Confiance & Data de l’ACSEL, remarque que l’adoption des objets connectés augmente d’année en année, et que la méfiance envers ces objets est également en augmentation (60% des sondés se sentent gênés par le stockage des données collectées sur Internet). Elle reste encore en troisième position (25% des sondés) derrière le manque de besoin (56%) et le « c’est trop cher » (45%). Les craintes des utilisateurs sont surtout liées aux risques liés à l’usage des objets connectés : les données personnelles peuvent être consultées par quelqu’un d’autre (39%) et il y a une possibilité d’usurpation d’identité (39%).

Conclusion du Forum de l’IoT 2019

La deuxième édition du Forum de l’IOT, la vie connectée a regroupé aussi bien les domaines du B2C que le B2B. On retiendra la méfiance toujours aussi grandissante des consommateurs vis à vis de l’utilisation de leurs données, l’interopérabilité qui est devenue une évidence pour les marques, ainsi qu’une forte augmentation des applications et des services connectés pour le suivi de l’état de santé des consommateurs.

 

Découvrez l’infographie ici : Forum-IOT part2