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L’équipe UX de VNEXT a assisté au forum de l’IoT organisé par l’ACSEL / L’Association de l’économie Numérique, première association transversale du numérique en France. Détail du programme et des intervenants ici.  Voici la première partie de leur compte rendu dédiée à l’e-santé, deuxième épisode smart home et industrialisation des objets connectés à venir.

IoT : Une révolution silencieuse

Dans le domaine du B2C, la moitié des français possède un objet connecté. Ils l’utilisent surtout pour surveiller : 

  • Leur logement et ainsi être alerté en cas d’urgence,
  • Leur état de santé.

En 2019, il devient commun de posséder une smart watch ou bien un Google Home. Mais nous sommes loin de l’explosion annoncée en 2014. Nous sommes désormais dans une phase d’adoption ou de « révolution silencieuse« . Le terme Internet des Objets (IoT) est en train d’être remplacé par Intelligence des Objets, qui désignent des objets capables d’analyser les données en plus de les capter.

En parallèle, on note une progression de l’inquiétude de la population vis-à-vis de l’utilisation de la donnée : 73% des propriétaires d’objets connectés se méfient. Les utilisateurs se renseignent sur la protection des données avant d’acheter un objet connecté.

Du côté du B2B, la massification de l’utilisation de l’IOT est une réalité industrielle indéniable : 17% des entreprises sont considérées comme intelligentes. 4,4 milliards est le nombre de terminaux IoT existants dans le monde. Plus de 80% des entreprises spécialisées en IoT, de plus de 4 ans, disent qu’ils voient les premiers retours sur investissement aujourd’hui.

Une matrice composée de trois axes répertorie les tendances 2020 de l’IoT :

  • Technologie : Arrivée de la 5G, IA, La blockchain, et l’edge computing. On note un besoin toujours plus croissant de réactivité et le travail en local.
  • Champ d’application : services publics, smart cities, industrie & industrialisation (maison connectée, voiture autonome), Santé (on note grands publics et notamment le marché du sommeil)
  • Enjeux : Sécurité (cloud), Données personnelles, Ethique (reconnaissance faciale, mise ne conformité avec la législation, RGPD..), Responsabilité Ecologique (le Numérique est le 5eme pays le plus pollueur au monde).

Santé, industrie, territoire

L’hôpital de Strasbourg développe la santé connectée au bénéfice des parcours patients notamment en :

  • post opération & chirurgie ambulatoire
  • maladies chroniques
  • Parcours de soins en cancérologie
  • Personnes âgées en perte d’autonomie

Les questions posées :

  • Comment accélérer les process dans la chaîne de soins ?
  • Comment travailler sur le cadre légal et éthique ?
  • Comment porter sur les territoires qui en ont besoin ?

La téléconsultation est en forte augmentation, nous avons dépassé les 10 000 par mois en France.

A l’état de projet : des patients équipés de capteurs, pour vérifier la santé du patient après une opération.

Image tiré de la vidéo 'Forum de l'IoT : la e-Santé, déjà une réalité' par 01netTV

Un facteur clé du taux de survie des patients 

MoovCare, l’application prescrite par le cancérologue permet au patient de renseigner ses informations et les symptômes sont notifiés automatiquement à l’équipe médical. Il s’agit de l’une des deux seules applications en France remboursée par la Sécurité Sociale.

Après un an de suivi MoovCare : on note une amélioration du taux de survie de 19% entre ceux qui utilisent l’application et ceux qui ne l’utilisent pas.

Fabrice Denis, oncologue et fondateur de Moovcare, nous a présenté également Smoke Check, qui permet grâce à un suivi régulier des fumeurs et anciens fumeurs, de détecter les cancers, en alertant sur les pathologies liées au tabac.

Sur 300 000 applications santé ou bien être actuelles, 300 font l’objet d’études cliniques et 10 seulement seront remboursées d’ici 5 ans.

90% des éditeurs de logiciels ignorent l’intérêt, la nécessité et/ou la méthodologie de l’évaluation clinique. Il y a également peu de contribution de la part des patients et des médecins, la méfiance est encore fortement présente.

Les patients doivent être impliqués le plus tôt possible dans le développement des applications mobiles, pour concevoir des services viables et surtout utilisées par le patient régulièrement.

Image tiré de la vidéo 'Forum de l'IoT : la e-Santé, déjà une réalité' par 01netTV

Pour l’amélioration de la formation des futurs médecins

Comme le défend la Fondation Sauver La Vie, le programme de formation des étudiants en médecine doit inclure des techniques numériques, telles que la téléconsultation ou la consultation d’annonce (consultation destinée à informer le patient d’un diagnostic ou d’une rechute et des traitements envisagés). « Car ce n’est pas inné de le faire même lorsque l’on a de l’empathie.« 

Un accompagnement dans la prévention des rechutes

Alain Toledano, oncologue et président de l’Institut Rafaël, rappelle que le sport permet de diminuer de 20% les risques de rechute de cancer. Sachant que la régularité est un facteur indéniable lors de la pratique d’un sport pour rester en bonne santé, il est donc nécessaire d’accompagner le patient après sa sortie de l’hôpital. C’est dans cette perspective qu’apparaît le ‘Challenge connecté’ : qui est l’ascension du Mont Rose par des patients sortis de l’hôpital et des sportifs, organisé par l’Institut Rafael. Ce projet permet de récolter des données sur l’effet du sport et la maladie d’une manière originale hors des murs de l’hôpital. Cela a confirmé les études préalablement faites.

L’IoT permet donc de collecter des données, d’analyser les résultats et de confirmer ou de rejeter les hypothèses émises par les études.

Pour une prise en main avec déontologie

Dr Cécile Wendling, membre du groupe d’experts de haut de niveau sur l’éthique de l’IA de la commission européenne, nous décrit ce qu’il faut pour qu’une IA soit digne de confiance. Il y a trois parties :

  • Respect des droits
  • Ethique
  • Cybersécurité

Pr Jean-Louis Pépin, Professeur, Directeur scientifique et de la recherche clinique au CHUGA, titulaire de la chaire d’excellence E-Santé l’affirme, « on est désormais capable de faire de la médecine personnalisée« . Mais il précise qu’il ne faut évidemment pas oublier le consentement du patient pour récolter et analyser ses données.

Image tirée de l'article Trouvez un infirmier pour vos soins à domicile avec Libheros' par Seneoo.com

Un développement dans le milieu hospitalier en pas à pas

« En 2006, on disait que l’e-santé allait être l’avenir. On est en 2019 et on est toujours à se demander comment aborder ce thème » déclare Enguerrand Habran, Directeur du Fonds Recherche & Innovation, Fédération Hospitalière de France

Les causes de cette situation sont nombreuses :

  • Un budget très restreint. En France, les hôpitaux allouent 1,5% de leur capital pour l’innovation, ce qui est très peu comparé aux Etats-Unis par exemple (4,5%).
  • L’hôpital est un contexte technologique diversifié et complexe : manque de compatibilité des logiciels existants, peu ou pas de communication entre logiciels, infrastructures vétustes, pas de normalisation informatique établie.
  • L’innovation est éparpillée : « chacun [hôpitaux et start-ups] veut développer son propre outil or ce qu’il faut, c’est se reposer sur l’innovation et créer quelque chose tous ensemble.« 

Toutefois, plein d’initiatives sont en ordre de marche afin de rétablir cela :

  • Une acculturation est faite auprès des start-ups et des DSI (Direction des Systèmes Informatiques) des hôpitaux afin d’améliorer leur communication et leur collaboration.
  • Une démarche bottom-up, qui permet la remontée des besoins directement des métiers du corps médical afin que l’intégration des solutions soit la plus fluide dans leur quotidien.
  • Des prototypes ‘projets premiers pas‘ sont développés, avec des ressources open sources, auprès des médecins afin de leur permettre de mieux se projeter.

Au sein de cette table ronde, plusieurs startups ont été présentées :

  • CTO CPO Libeheros : qui est comme un « doctolib du soin à domicile« . Le patient prend rendez-vous sur la plateforme, et c’est le professionnel du corps médical qui se rend au domicile du patient.
  • App Instamed: permet aux patients d’interagir avec les personnels du corps médical. Les échanges sont stockés à un même endroit : dossier médical, messagerie, prise de rdv…
  • App Exactcure: permet d’éviter les surdoses ou sous doses de médicaments, grâce à une visualisation de l’effet du médicament.

 

Découvrez l’infographie ici : Forum-IOT part1